SUBSTRATS

Histoire de l'Art

La préhistoire de l'Art

contextualisation

Le travail photographique et numérique d’ODE appartient à la grande famille des arts médiumniques et zen, dont l’intention est de capter et de transmettre une énergie (ou une entité spirituelle) qui existe au-delà des simples apparences. Dans cette pratique, l’artiste se met en situation de canal afin de se laisser traverser par cette énergie. L’œuvre qui en résulte a pour but premier de faire ressentir les vertus positives et de répandre les bienfaits qui émanent de cette énergie Cette grande famille artistique, qui n’a jamais cessé d’exister, s’est particulièrement développée durant ces dernières décennies, sous l’influence de la culture New Age et des différents courants spirituels qui s’éveillent au sein de notre société.

Le moyen-âge de l'Art (titre 3)

Toutefois il serait erroné de considérer que ce courant artistique soit détaché de toute tradition artiste. Revenons ainsi au travail d’ODE : différents courants y affluent, qui remontent, pour certains, aux origines mêmes de l’art, pour d’autres, à des époques beaucoup plus récentes. Et ces confluences invitent à regarder le travail d’ODE à deux niveaux : comme une œuvre d’art classique, forte de ses enjeux esthétiques, ou comme une œuvre destinée à nous conduire vers une autre dimension.


Le renaissance et l'art (titre 2)

Cette dissociation que nous faisons aujourd’hui entre une œuvre dont le but est esthétique et une dont le but est explicitement spirituel (car on pourrait avancer que toute œuvre à fin esthétique a aussi une fin spirituelle) n’a pas toujours été pertinente. En effet, à l’origine de l’art moderne (celui qui se développe à partir de la Renaissance), se trouve l’icône : l’icône qui, par ses qualités propres, doit élever l’âme vers la divinité ou le saint personnage qui s’y trouve représenté. Cette fonction de l’œuvre se retrouve également dans les images pieuses médiévales, comme dans la peinture flamande du XVe siècle (Vierges à l’Enfant, Christ de douleur, etc. : voir les peintures de Van der Weyden, Van Eyck, Memling), pour se perdre ensuite, avec l’iconoclasme et la nécessaire laïcisation des images.

L'art numérique : les temps modernes (titre 2)

Vazarelli : l'art de la géométrie (titre 3)

Toutefois, une autre tradition est concomitante à celle-ci : celle de l’ésotérisme, qui est inhérente aux pratiques artistiques de la Renaissance, qu’on trouve chez des peintres comme Léonard de Vinci, Botticelli, Raphaël. La croyance sous-jacente est celle que le monde est chiffré, qu’il obéit à une harmonie profonde (symbolisée par l’homme de Vitruve, par exemple), selon laquelle le macrocosme et le microcosme sont le reflet l’un de l’autre. Les lois de la peinture (la perspective en particulier) obéissent à cet ordre suprême, tandis que d’étranges symboles (qui ne nous sont pas toujours déchiffrables) fleurissent au sein des œuvres (le cours d’eau de la Joconde, l’hermine de la Dame à l’hermine, le bijou sur le front de la Belle Ferronnière). Cette tradition se prolonge dans la peinture maniériste (ainsi dans la série d’œuvres de la grande Galerie du Château de Fontainebleau, peinte par Rosso Fiorentino et le Primatice).
La tradition ésotérique à son tour est enfouie par la chape exigeante de la Contre-Réforme, au début du XVIIe siècle, mais elle survit dans certains œuvres, ainsi les virtuoses sculptures réalisées à Naples par Giuseppe Sanmartino, au milieu du XVIIIe siècle : son Christ voilé ne pouvait être, disait-on, que l’œuvre d’un alchimiste capable de transmuter la matière.

Photoshop : l'outil de l'artiste moderne (titre 3)

Si, d’un point de vue formel, les prises de vues et les créations numériques d’ODE, ne se rapportent pas directement à ces courants, elles réaffirment néanmoins le fait que l’art, dans ses grands moments, n’a jamais été dissocié d’une quête spirituelle, qui ne s’arrête pas aux seuls dogmes religieux.
Par ailleurs, il serait inexact de séparer la pratique apparemment abstraite d’ODE de la peinture de la Renaissance et du Maniérisme. Ses formes qui sont, au départ, des agrandissements de réalités naturelles, révèlent l’architecture secrète de la nature, de la même manière que les œuvres des grands maîtres étaient composées selon des formules géométriques fondées sur des lois cosmiques.

D’ailleurs, les prises de vues et les créations numériques d’ODE sont-elles réellement abstraites (découvrez Ode sur wiki...) ? En les regardant bien, on y découvre des formes à demi dissimulées : silhouettes anthropo- ou zoomorphes, profils de divinités. L’ésotérisme est l’enseignement, lui-même réservé aux initiés, de ce qui est caché. L’art lui-même n’a jamais cessé d’aimer les formes masquées sous d’autres : pensons aux silhouettes cachées dans les nuages de Mantegna, aux portraits d’Arcimboldo composés de poissons ou de fruits, ou, plus proches de nous, aux vieilles assiettes représentants trois canards dissimulés aux yeux d’un chasseur et qu’il nous est demandé de trouver. Le grand art comme l’art populaire nous a toujours demandé de voir sous les apparences. Cela peut même prendre la forme d’une quête psychanalytique, comme dans les œuvres de Dalì, ou nous faire douter de la réalité du monde, comme chez Magritte.

Prenons à présent l’art abstrait, et notamment l’art abstrait des origines, dont les photographies d’ODE sont les dignes descendantes. Celui-ci a pu parfois se construire selon des règles qui devaient relever de la science, ainsi la colorimétrie, comme on le trouve chez Robert Delaunay, intéressé par le « simultanéisme » des couleurs. Mais lui-même, et son épouse Sonia, ont également été proches de l’ « orphisme », défini par Guillaume Apollinaire, qui se voulait « langage lumineux » (par opposition au cubisme scientifique de Braque et de Picasso). Le « suprématisme » de Kasimir Malevitch était une métaphysique et Mondrian pensait ses quadrillages comme un calque de l’équilibre invisible du monde. Mais intéressons-nous surtout à Kupka, dont la peinture se caractérise par de grands mouvements colorés. Ceux-ci ne sont pas sans rappeler les photographies d’Ode. Kupka recherchait dans sa peinture une correspondance avec les rythmes musicaux : eux-mêmes devaient faire résonner des vibrations supérieures.
Un demi-siècle plus tard, le courant psychédélique californien retrouvait (sous l’influence de drogues et de procédés propres à faire lâcher la bride au mental) des formes kaléidoscopiques, souvent hallucinées, parfois hypnotiques.

N’oublions pas qu’ODE est auteure-photographe — même si elle a aussi une pratique picturale. Or, dans sa manière de capter la nature — dans ce qu’elle possède de plus secret et de plus précieux — elle revient à l’origine même du médium photographique, quand il s’agissait simplement de fixer sur la plaque ce qui fait que le monde existe pour nous : la lumière.

Pour finir, il est plaisant de constater qu’avec des techniques extrêmement contemporaines (le numérique et les logiciels), ODE retrouve des formes qui appartiennent à des traditions très anciennes : arabesques pompéiennes, lettrines d’enluminures médiévales, tapis orientaux, mandalas. Toutes formes qui traversent les âges et qui, à travers leurs mouvements raffinés, nous transmettent des messages que des formes plus reconnaissables (un art strictement figuratif) ne sauraient exprimer aussi subtilement. De la captation première à un travail canalisé par le numérique, ODE fait ainsi ressurgir ce qu’on pourrait appeler une écriture sacrée.



Je vis à [...]. J'aime occuper mon temps libre en [ jouant avec mes deux filles / courant avec mon chien / pratiquant l'alpinisme / faisant de la cuisine Thai pour mon épouse / lisant des romans classiques / ... ].



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